
01:57
26 juin, 2009Mais qu’est-ce que je fous avec lui ? Pourquoi n’arrivons-nous pas à nous quitter ?
Après le resto j’ai cru qu’il allait me baiser mais non, monsieur s’est écroulé sur le lit. J’ai eu droit à un baiser puis il s’est retourné et s’est mis à ronfler en deux minutes. Si même lors d’un voyage en amoureux il n’a pas envie de me faire l’amour…
Mais que croyais-tu ? Cela fait des années qu’il ne te baise plus que par politesse, quand tu te fais insistante et qu’il veut avoir la paix. Depuis quand n’as-tu pas eu un orgasme qui t’a laissé chancelante et tremblante de plaisir ? Tu devrais te prendre un amant. Un petit jeune doux, gourmand et bien monté. Il parait que ça se trouve facilement sur Internet. Tu as quarante balais mais tu peux encore faire bander. Éric, le comptable de la boite par exemple passe son temps à te dévorer des yeux.
Prendre un amant ne te ressemble pas. Mais sais-tu encore qui tu es ? Les premières années on faisait l’amour deux à trois fois par jour. On baisait partout. Dans les toilettes des boites de nuit, dans les jardins publics et sur les parkings. Même sur la tour Eiffel. Je n’ai connu qu’un homme avant lui, un fils de médecin qui plaisait beaucoup à mes parents et auquel j’avais fini par céder l’été de mes 17 ans. Il m’avait déflorée pauvrement dans le jardin de ses parents. Puis je l’ai rencontré lui, beau brun ténébreux qui s’est assis à côté de moi le jour de mon entrée en fac. Nous ne nous sommes plus quittés. Il avait déjà à son actif de nombreuses conquêtes et il a fait de moi une femme.
Je crois que son désir pour moi a commencé à décroitre lorsque nous avons eu notre premier enfant. A l’époque il a eu une aventure avec sa secrétaire, une brindille de 22 ans. Je me doutais qu’il me trompait et puis un jour je suis tombé sur une lettre qu’il a été assez idiot pour laisser trainer dans un tiroir de son bureau. Une lettre très crue, avec beaucoup des détails, que j’ai relue des dizaines de fois. Elle lui disait combien elle aimait qu’il la sodomise. Moi il ne m’avait jamais enculée. Il ne me l’avait même jamais proposée. J’en fus blessée bien plus que de son infidélité. Quand je lui ai montré la lettre il s’est décomposé sur place. J’ai fini par lui demander pourquoi il n’avait jamais eu envie de me baiser le fondement. Il m’a répondu qu’il n’aimait pas ça, qu’il ne le faisait que pour lui faire plaisir à elle. Cela sonnait tellement faux que j’ai failli éclater de rire. Mais je n’en avais pas la force. Nous avons failli rompre. Je ne l’ai pas quitté pour notre enfant et j’ai fini par lui pardonner. La vérité c’est que ça ne me dérange pas plus que ça qu’il me trompe, tant qu’il ma satisfait. Je sais qu’aujourd’hui encore il a des aventures. Je tombe parfois sur des numéros de portable griffonnés sur des bouts de papier ou des factures d’hôtel. Je ferme les yeux.
Dix ans après me voilà dans un hôtel new-yorkais, nue aux côtés d’un mari qui préfère dormir plutôt que me baiser, avec au creux des reins l’intense envie de sentir en moi la queue d’un homme. Mais doigts joueront le rôle d’accessit. J’écarte les cuisses et m’observe dans le miroir. C’est décidé, de retour à Paris je prends un amant.